Une sexualité plus assumée pour les seniors

Paris Match Belgique publie chaque semaine une chronique sur la santé des Belges avec Solidaris. Lisez-là, c’est plein d’infos !​​
 

 
Chargée de projets à l’asbl Espace Seniors, Sandrine Cesaretti brise les tabous.
 
Est-il important d’avoir encore une sexualité au-delà de 60 ans ?
 
Sandrine Cesaretti : La sexualité contribue au bien-être et à la santé de chacun, quel que soit son âge. D’ailleurs, l’Organisation mondiale pour la santé définit la santé sexuelle comme faisant partie intégrante de la santé, du bien-être et de la qualité de vie dans leur ensemble. L’orgasme, par la sécrétion d’endorphine et d’ocytocine qu’il procure, joue un rôle dans le contrôle de la douleur, la diminution du stress ou encore la qualité du sommeil. Et il ressort de différentes études qu’avoir des relations sexuelles régulières diminuerait les risques de cancer de la prostate et participerait à la solidification des os et des muscles chez les hommes. Concernant les femmes, une étude nord américaine a démontré que celles ayant une activité sexuelle environ une fois par semaine ont un niveau d’oestrogène plus élevé que les autres. Au moment de la ménopause, elles subissent moins les effets de cette dernière. Quant aux plus âgées, une sexualité régulière permet de conserver la tonicité des muscles du périnée et ainsi jouer un rôle de prévention de l’incontinence.
 
En quoi la sexualité des seniors est-elle différente de celle des plus jeunes ?
 
La vie sexuelle évolue à chaque étape de la vie. Alors que les plus jeunes pourraient penser qu’une relation sexuelle « réussie » devrait obligatoirement comprendre la pénétration et l’orgasme, et assimiler sexualité et génitalité, la sensorialité pourrait prendre le pas sur celle-ci pour les seniors et s’aligner davantage sur une dimension relationnelle et émotionnelle. La sexualité est présente à tous les âges de la vie. Des changements s’opèrent, et alors ? Des adaptations seront peut-être nécessaires pour faire face à d’éventuels changements physiologiques, physiques ou psychologiques. Mais de nombreux seniors s’accordent à dire que si les rapports sexuels sont moins fréquents et différents, la qualité de la relation est, quant à elle, supérieure.
 
Quels sont, en matière de sexualité, les problèmes le plus souvent rencontrés en avançant en âge ?
 
Les hommes peuvent, tout comme les femmes, vivre des changements hormonaux. L’andropause toucherait ainsi 30 % à 50 % des hommes de plus de 55 ans. Une des conséquences de celle-ci serait la diminution de la pratique sexuelle. Les traitements des troubles sexuels chez l’homme sont variés et sont à discuter impérativement avec un médecin. En effet, les différents traitements nécessitent des examens avant prescription afin de déterminer d’éventuelles contre-indications. Ils nécessitent également un suivi médical constant. Le Viagra peut être une réponse appropriée pour les hommes ayant des troubles de l’érection. Ces pilules contiennent une molécule qui va agir comme un facilitateur de l’érection. A côté des petites pilules bleues, il existe aussi des traitements consistant en la prise d’hormones mâles (testostérone).
 
Du côté féminin, un des mythes relatif à la ménopause est que les femmes, à cette époque de leur vie, n’ont plus de désir sexuel. C’est totalement faux ! La ménopause peut entraîner une baisse comme une hausse de la libido mais ne signifie pas la fin de l’activité sexuelle. Chaque femme est différente et vivra le passage de la ménopause à sa manière. Quoiqu’il en soit, les réaménagements hormonaux et les changements liés à l’âge peuvent avoir une influence à des degrés divers sur les réactions sexuelles. Les sensations lors de l’excitation sexuelle et de l’orgasme sont différentes, l’élasticité du vagin diminue et la paroi vaginale s’affine. La lubrication peut également être ralentie et moins abondante. Certaines femmes peuvent également souffrir de sécheresse vaginale. Des solutions existent, telles que les lubrifiants ou hydratants vaginaux, qui sont une réponse aux sensations d’inconfort lors des rapports. Un traitement hormonal substitutif peut également être une solution.
 
Par Philippe Fievet - Paris Match en collaboration avec les mutualités Solidaris - Parution 19/05/2016