Et pour les personnes atteintes de démence ?

La loi relative à l’euthanasie prévoit que seul un patient majeur, conscient et capable peut demander l’euthanasie. Cette loi repose essentiellement sur le respect de l’autonomie de la personne face à la maladie et à la mort. Dans cette optique, certaines affections neuropsychiques comme par exemple la démence type Alzheimer ou la démence vasculaire, posent un problème particulier : celui de la validité de la demande du patient en raison de la difficulté de s’assurer de la lucidité de celui-ci.

Selon la loi le patient doit être capable et conscient au moment de sa demande. Quelle que soit l’affection, la loi exige 3 conditions pour que l’euthanasie soit autorisée :

  1. Une affection grave et incurable
  2. Une souffrance physique ou psychique constante, insupportable et inapaisable
  3. Une demande de mourir claire, volontaire et répétée confirmée par un écrit
Il en résulte que l’euthanasie n’est généralement possible dans ces cas d’affections qu’à une période assez courte de l’évolution : suffisamment avancée pour que la personne souffre psychiquement au point de demander la mort mais pas trop avancée pour être encore en état d’exprimer une demande. En outre, comme pour toute affection où le décès n’est pas prévisible à brève échéance, la loi prévoit l’obligation de consulter deux médecins dont l’un doit être un psychiatre ou un spécialiste de l’affection en cause.

 
L’expérience montre que les rares cas qui ont pu recourir à l’euthanasie sont ceux de patients qui ont été suivis pendant plusieurs années par un même médecin, qui lui ont exprimé plusieurs fois leur intention de demander à un moment donné l’euthanasie et qui ont fait effectivement cette demande au moment où la maladie leur devenait insupportable et qu’ils étaient conscients.
 
Une personne peut, pour le cas où il ne pourrait plus manifester sa volonté d’euthanasie, la consigner par écrit dans une déclaration anticipée. Cependant, la déclaration anticipée d’euthanasie n’est valable que si le patient est « irréversiblement inconscient » (en pratique dans le coma ou en état végétatif persistant) ce qui n’est pas le cas des malades atteints de démence même avancée. Néanmoins la rédaction d’une déclaration anticipée par un patient reste utile puisque ces patients peuvent, comme toute personne, se retrouver un jour dans le coma.

 

Référence légale :
Loi du 28 mai 2002 relative à l’euthanasie
Site d’information :
http://www.admd.be/medecins.html