A bas l'âgisme !

A bas l'âgisme ! A force d'entendre qu'on est vieux dès 45 ans, on peut réellement tomber malade…

 

A 30 ans, on nous assure que « C’est le plus bel âge ». A 40 ans, on nous dit : « Courage » et à 50, c’est la cata : on se tape des « 50 ans au compteur », « Pas facile », « Un demi-siècle »… Le regard que la société porte sur ses quinquas est cruel. Les clichés sont durs, et tant banalisés que les 50+ finissent par être conditionnés et subissent l’âgisme comme un état de fait. Aux armes, quinquas ! Il en va de votre santé ! Car à force de s’entendre dire « qu’on est vieux », on ouvre la porte à la maladie.

« Ce n’est pas l’âge qui pose problème : c’est la société qui pratique l’âgisme ! », assène, d’emblée, Valérie Déom, Directrice du secteur associatif de Solidaris Namur. « L’âgisme », cette somme de mépris et de préjugés liés à l’âge, existe depuis longtemps. La nouveauté (qui n’est pas réjouissante…), c’est qu’on sait désormais qu’il a un impact sur la santé.
« Le fait d’avoir continuellement une vision négative du vieillissement - qui commence dès 45 ans, car on est considéré comme « travailleur âgé » à partir de cet âge – a un impact sur la santé », poursuit Mme Déom. « Notamment psychologique : à force de dire aux gens qu’ils deviennent vieux et qu’ils sont un poids pour la société, à force d’ouvrir la télé et d’entendre que « les travailleurs âgés coûtent cher », on vieillit plus vite dans sa tête (cf. encadré, NdlR), ce qui a un impact sur la santé physique et mentale. »
Oui, le vieillissement a un poids économique, on ne peut pas le nier. Notamment en consommation de soins de santé car on pratique à partir de la cinquantaine – sur recommandations des autorités de santé publique - plusieurs dépistages (cancer du sein, du côlon, ostéoporose, check-up des paramètres cardio-vasculaires). L’âge est également une charge financière au niveau professionnel car il est plus dur d’être engagé quand on coûte plus cher. « Mais ce n’est pas pour ça qu’on est vieux à 45 ans, il faut arrêter de rire ! », s’insurge la responsable des FPS Namur. « Les quinquas sont aussi des consommateurs ! Ils réinvestissent leur pouvoir d’achat dans la société, ce qui profite à tous (nouveaux besoins, création d’emplois, etc.). »

50 ans ? Même pas peur !

Toutes ces ondes négatives autour de l’âge qui fait son petit bonhomme de chemin, peuvent réellement abîmer notre santé. « Mais c’est la société qui provoque ce mal-être et qui risque d’entraîner les gens dans une spirale de problèmes médicaux… exactement comme on le leur reproche », décrypte Valérie Déom. « Il faut changer le regard de la société. Si vous tapez « intergénérationnel » sur internet, vous tombez sur des photos de filles avec leur mère, ou de grands-mères avec leurs petits-enfants. Si vous ajoutez « +travail », vous voyez des images d’hommes mûrs coachant des jeunes. Les stéréotypes ont la vie dure… »
Comment lutter face à une telle pression ? Déjà, en prenant conscience de l’âgisme ambiant et en faisant attention à ce qu’on dit pour ne pas le nourrir davantage. « Ne tombons pas dans le piège de cette vision tronquée qu’a la société des personnes vieillissantes », poursuit la directrice du secteur associatif de Solidaris Namur. Le dernier « Thermomètre » Solidaris consacré aux jeunes retraités montre qu’ils sont volontaires et certainement pas inactifs. « Ils ne sont pas mal dans leur peau, et plutôt bien dans leur vie. Ils ont les pieds sur terre et ne correspondent pas aux clichés qui véhiculent une image erronée. Au contraire, ils ont toujours « en vie ». »
Des clichés négatifs que, bizarrement, on n’associe pas du tout à des quinquagénaires comme Sharon Stone (58 ans), Monica Bellucci (51 ans) ou encore Brad Pitt (52 ans)…