Le finger-food, une nouvelle forme d’autonomie pour les adultes âgés désorientés ?

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée (traumatisme crânien, dégénérescence fronto-temporale, maladie de Creutzfeldt Jakob, maladie de Parkinson, maladie de Huntington…) présentent souvent des troubles cognitifs et de préhension. Ceux-ci freinent une utilisation correcte des couverts et empêchent de bien s’alimenter. Dans ce cas, le risque de dénutrition est grand. Pour y pallier, certaines institutions, maisons de repos ou hôpitaux, mettent en place un projet de finger food (manger-mains en français) qui propose des aliments sous forme de bouchées. Pourquoi installer le finger food en maison de repos? Quels sont ses avantages et ses inconvénients? Nous tenterons de répondre à ces questions en allant à la rencontre d’une actrice de terrain, Catherine Protin, diététicienne au CPAS de la Ville de Namur.

«Souvent, lorsque le malade atteint de maladie d’Alzheimer ne mange plus, ou se met à manger avec les doigts, c’est la honte, la panique, voire l’acharnement. Au-delà de la technique du “manger-mains”, à mettre en œuvre, c’est notre représentation du repas et ce que nous considérons comme “convenable”, qu’il nous appartient de repenser…»
Pr Charles-Henry Rapin

Troubles cognitifs et prise alimentaire

Certains troubles cognitifs peuvent venir perturber les repas. La prise alimentaire se transforme parfois en un moment éprouvant pour la personne malade mais aussi pour le personnel soignant ou l’aidant proche qui le soutient au moment de manger.

Quels sont les troubles cognitifs qui perturbent l’alimentation ?

  • les troubles praxiques (troubles lors de la réalisation des mouvements avec pour
    conséquence des difficultés pour utiliser certains objets)
  • les troubles gnosiques (troubles de l’identification, de la reconnaissance, par
    exemple ne plus reconnaître une fourchette et savoir qu’elle sert à manger)
  • les troubles de l’attention
  • les troubles des fonctions exécutives (fonctions permettant de planifier, débuter et
    terminer une action déterminée par un but avec pour conséquence la difficulté de
    manger avec des couverts)

Ces troubles cognitifs courants peuvent entraîner un manque d’appétit, des difficultés pour mastiquer, une diminution du réflexe de déglutition. La personne désorientée doit être aidée pour les repas et perd en autonomie avec comme corollaire, la perte d’estime de soi, le repli et même parfois, le refus de s’alimenter. La déambulation est aussi un trouble reconnu chez certaines personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. Incapables de rester en place, elles marchent toute la journée; leur dépense calorique augmente et favorise leur amaigrissement. Autres perturbations ayant un impact direct sur le niveau d’appétit, la diminution de l’odorat, la perte de goût et la diminution de la détection des saveurs.

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