Journée mondiale de l’égalité des chances : Les seniors, les grands oubliés !

La journée du 5 décembre est placée depuis plusieurs années sous le signe de l’égalité des chances. L’occasion pour Espace Seniors de rappeler que les plus âgé·e·s semblent particulièrement oublié·e·s dans la lutte pour l’égalité des chances… 

 

La gestion de la crise sanitaire a mis en exergue les groupes de personnes qui restent aux bancs de notre société : les femmes, qui luttent toujours pour un salaire égal et une meilleure répartition du travail domestique alors qu’elles se sont retrouvées au front ; les personnes en situation de handicap et les seniors, qui ont peiné à bénéficier de soins qualitatifs alors qu’ils étaient les premières victimes de cette pandémie.

 

Ces derniers semblent particulièrement oubliés dans la lutte pour l’égalité des chances… sur le plan de l’accès aux soins de santé, mais pas que ! La discrimination sur la base de l’âge (l’âgisme) fait pourtant partie des 17 critères de discrimination repris par UNIA. Dans les faits, qu’en est-il ? 

L’Égalité des chances des seniors face à la médecine : une urgence vitale

Si la crise sanitaire a explicité les inégalités vécues par les seniors face aux soins de santé, des mesures très clairement âgistes étaient en place bien avant 2020. Comme par exemple, la politique de Maggie De Block, qui a supprimé le remboursement des consultations psychologiques chez les plus de 65 ans. L’âge est pourtant un critère injustifié : il n’est pas synonyme de fragilité. Seuls 6,6% des individus âgés de 60 à 74 ans sont en perte d’autonomie, pour 30,2% des 75 ans et plus (INSEE). Refuser l’accès aux soins sur la simple base de l’âge n’a donc pas de sens. Cet accès est un droit pour tous et toutes.

L’Égalité des chances des seniors face au monde du travail : une discrimination trop souvent tolérée

La majorité des stéréotypes associés aux travailleurs et travailleuses âgé·e·s sont négatifs : moins productifs·ves, incapables d’utiliser les nouvelles technologies, diminué·e·s sur les plans cognitifs et physiques… Et rappelons que dans le monde du travail, un travailleur ou une travailleuse est considéré·e senior à 45 ans ! Ainsi, les employeurs et employeuses sont moins susceptibles de les engager. Au sein de l’entreprise aussi, il n’est pas rare d’être laissé·e sur le côté à partir d’un certain âge. L’argument économique est souvent appelé à justifier cette discrimination à l’emploi. Il est pourtant caduque, au vu de l’expérience accumulée et de la plus grande loyauté de cette catégorie de travailleur·euse (qui reste plus longtemps au sein de la même entreprise). 

Espace Seniors tient à mettre en lumière ces revendications spécifiques :

• Un plus grand intérêt et une meilleure sensibilisation des autorités, du monde de la santé face à cette problématique ;

• De plus fortes sanctions et une poursuite systématique des employeurs·euses qui discriminent sur la base de l’âge. Y compris, pour ce qui touche à la discrimination dite « indirecte » (ex : les offres d’emploi formulées comme « pour intégrer une équipe JEUNE et dynamique ») ;

• L’accès égal aux soins de santé quel que soit l’âge du·de la patient·e. Que cet accès se base sur l’intérêt et les souhaits du de·la patient·e et non-pas sur le critère de l’âge.

Pour rappel, au cours du mois de novembre dernier, Solidaris a lancé une grande pétition en vue d’interpeller le monde politique et de veiller au maintien des différentes promesses du nouveau gouvernement fédéral. Celle-ci porte six revendications fortes : le remboursement intégral de la visite chez le médecin généraliste, des médicaments moins chers, une meilleure prise en compte de la santé mentale, des indemnités de maladie qui protègent de la pauvreté, une revalorisation du personnel soignant et une vie plus digne pour nos aîné·e·s.

 

Autant de priorités qui contribuent à évoluer vers plus d’égalité des chances pour toutes et tous. Pour découvrir et signer notre pétition, rendez-vous sur : www.restonssolidaires.be​